6ème PRIX HISTORIQUE 2013 DE L’AMAFL

Association des Musées Automobiles de France et de la Locomotion

 

AVEC SON 6ème PRIX HISTORIQUE L’AMAFL REND HOMMAGE A CEUX QUI ONT FAIT REVIVRE LE RECORD DES 100 KM/H.

 

A la fin du XIXème siècle, l’automobile connut trois événements capitaux : 1891, première série industrielle chez Panhard et Levassor ; 1895, première course automobile (Paris-Bordeaux-Paris), remportée par Emile Levassor ; 1899, première automobile franchissant le mur des 100 km/h.

C’est en France que le Belge Camille Jenatzy accomplit cet exploit sur une voiture électrique de sa conception. Au plateau d’Achères, en Ile de France, il fut chronométré le 29 avril 1899 à 105,850 km/h. Visionnaire (115 ans plus tard, les voitures électriques peinent encore à convaincre !), Jenatzy avait fait preuve de courage, de rigueur technique et d’humour puisqu’il avait baptisé son bolide « La jamais Contente », en référence au caractère ombrageux de son épouse. Par chance, la glorieuse voiture a été conservée, mais le poids des ans l’a rendue trop fragile pour que l’on ose la faire rouler.

Il y a 18 ans, Christian Wannyn et Christian Lesguillons, deux courageux membres du Lion’s Club, décident de redonner vie à l’exploit de Jenatzy. Avec l’aide de deux professeurs techniciens (Joël Debout et Dominique Bouché) et de plusieurs sponsors (Lion’s Club, Michelin, Leroy-Sommer, Renalu et Fulmen) ils réalisent une réplique roulante du mythique bolide.

 

Monsieur Dominique Dubarry remet le Prix Historique de l’AMAFL à Monsieur Lesguillons.

 

 

Largement aussi rapide que l’originale, cette reconstitution parfaite a rendu hommage à sa devancière et aux acteurs de l’époque en roulant dans plusieurs pays (Allemagne, Italie, USA, Canada).

 

Les créateurs de cette réplique ont grandement contribué à pérenniser le patrimoine automobile. C’est pourquoi l’Association des Musées Automobile de France et de la Locomotion leur a décerné son Prix Historique 2013, le jour où cette réplique vient enrichir la Cité de l’Automobile à Mulhouse, faisant échos à l’originale, toujours visible au Musée National de la Voiture et du Tourisme à Compiègne.

 


M. Lesguillon, Dominique Dubarry, M. Muller ancien président du Conseil Général, Pierre Dinier, Richard Keller devant la réplique de la « Jamais Contente ».

 

Triomphe de la technologie française

Une voiture perce le mur des 100 km/h  la « Jamais Contente »

De gauche à droite : Richard Keller, Pierre Dinier, Monique Chapelle présidente des Amis de la fondation Berliet, Dominique Dubarry, M. Lesguillon.


Texte prononcé par Dominique Dubarry, le 20 mars 2013, au Musée National de l’Automobile de Mulhouse pour la remise du 6ème Prix Historique de l’AMAFL 2013 :

Nous sommes au 19éme siècle et le succès des premiers véhicules se partage entre l’énergie produite par la vapeur et les moteurs à essence. Contre toute attente, c’est une voiture électrique qui a triomphé !

 

L’évènement se passe à Achères en région parisienne près de Poissy, le 29 avril 1899. Le bolide a été chronométré à 105,85 km/h au kilomètre lancé. Il est piloté par Camille Jenatzy.

C’est aussi un défi que la Faculté de Médecine voulait interdire. En effet, le professeur titulaire de la chaire ORL avait doctement affirmé à la presse qu’un organisme humain ne pourrait supporter une telle vitesse car les poumons du pilote allaient éclater.

 

La voiture avait été construite en 1898 sur des plans réalisés par Camille Jenatzy sur un châssis-cadre droit, monté sur ressorts avant et arrière, transféré d’un fiacre modifié. L’énergie était fournie par 2 moteurs électriques et une batterie d’accumulateurs de 67 cv autorisant 120 km/h.

La caisse présentait un dessin aérodynamique, genre torpille, construite en alliage léger (partinium), réalisée par le carrossier d’origine alsacienne, Léon Auscher, successeur de la prestigieuse maison Rothschild et fils, puis principal initiateur de Musée de la Voiture de Compiègne.

 

Ce record contrôlé par l’Automobile Club de France eut évidemment un énorme retentissement et d’autres constructeurs tentèrent de le battre. Il a fallu attendre 3 ans pour que Serpollet avec une voiture à vapeur ajoute son nom à la liste des records, suivi peu après par Fournier sur voiture Mors à plus de 122 km/h, 3 succès de la technologie française. Enfin la voiture à essence allait s’installer pour longtemps dans la liste des records officiels.

La « Jamais Contente » allait servir de réclame publicitaire pour la société Fulmen qui avait fournie les batteries. Stationnée en plein air, la carrosserie se dégradait progressivement, madame veuve Jenatzy et Fulmen en firent cadeau en 1934 au Musée National de la Voiture et du Tourisme de Compiègne, premier musée de référence depuis sa création en 1927.

 

Elle allait s’assoupir doucement au fil des années pour se remontrer au public à l’exposition du Grand Palais pour « Les 100 ans de l’Automobile Française » en 1984 organisée par l’ACF et les constructeurs français.

 


Les autorités belges voulurent la montrer à l’exposition du cinquantenaire en 1977 (rappelant ainsi l’origine belge de Camille Jenatzy) puis les canadiens au musée des Beaux-Arts de Montréal, elle retournera une dernière fois à Paris comme principale icône de l’incroyable collection du Mondial de l’Automobile en 2006.

 

Il y a 18 ans, deux hommes se rencontrèrent souhaitant rappeler le souvenir du succès de la « Jamais Contente.

 

C’est ainsi que Christian WANNYN et Christian LESGUILLONS, tous deux dignitaires du Lion’s Club, décident de réaliser une réplique afin de faire revivre son incroyable épopée. Dans le but d’aider au financement de «  La Recherche sur le cancer », ils vont rassembler les fonds nécessaires, tant auprès des clubs voisins du Lion’s que des équipementiers partenaires compétents comme les sociétés Michelin, Leroy-Sommer, Renalu, Fulmen, etc.

 

Ils se feront aider par Joël DEBOUT, professeur de génie mécanique à l’UTC de Compiègne et Dominique BOUCHE, professeur d’enseignement technique qui enseignera à ses étudiants la pratique des relevés dite « carrosserie au sac», technique bien oubliée aujourd’hui.

Jean-Denys Devauges, responsable du Musée National de la Voiture et du Tourisme ayant ouvert ses archives, les quatre responsables durent se plier à la dure règle des copistes du Louvre, soit une modification des cotes afin de distinguer la réplique de l’original.

 

L’affaire était lancée. Elle allait aboutir avec succès puisque la réplique de la « Jamais Contente » allait montrer sa fiabilité en tournant sur l’anneau de Montlhéry et même rendre des visites à l’étranger Allemagne, Italie, Etats-Unis, Canada, etc.

 

Elle intègre aujourd’hui le plus beau musée du monde, le Musée National de l’Automobile de Mulhouse où les voitures sont authentiques et sont « l’avenir du patrimoine » mais où il peut y avoir quelques exceptions. « Toutefois une réplique sera toujours une réplique ».

 

Devant l’effort, la persévérance, le devoir de mémoire de la technicité française, le jury de l’Association des Musées Automobiles de France et de la Locomotion a estimé que le Prix Historique de l’AMAFL 2013 était attribué à l’œuvre commune des quatre responsables qui ont réalisés la réplique de la « Jamais Contente ».

AMAFL 6, place de la Concorde  –  75008 – Paris

amafl@automobileclubdefrance.fr

 

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Une réponse à 6ème PRIX HISTORIQUE 2013 DE L’AMAFL

  1. Joël DEBOUT dit :

    Bien heureux d’apprendre aujourd’hui que le prix Historique de l’AMAFL m’ai été co-attribué en 2013…
    Cependant j’ai quelques précisions à apporter car il y a inversion de rôles; en effet si C Wannyn a apporté l’idée de réalisation d’une réplique j’en suis le seul maitre d’oeuvre, mon colloque de lycée est intervenu pour une part importante de la réalisation, cette, mais comme un des autres fournisseurs.
    Il n’y a eu aucun apport financier les fournisseur ayant fait don de matériel, au titre de la taxe d’apprentissage dans certain cas. Mes choix technique étant fait C Wannyn est intervenu auprès de quelques fournisseurs pour obtenir don en nature.
    Ph Lesguillons n’est apparu, quant à lui, pour la première foi qu’au pot de présentation au public de la « répliqua ».
    Joël Debout; Professeur Agrégé en Mécanique, alors enseignant à
    l’Université de Technologie de Compiègne.

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